« L’affaire Bojarski » : Le Cezanne de la fausse monnaie

L’Affaire Bojarski, réalisé par Jean-Paul Salomé — photo de scène © filmcoopi / Le Bureau / Les Compagnons du Cinéma

Si je devais sélectionner l’un des rares film qui m’a fait frissonner en ce début d’année, je choisirais sans hésiter le nouveau drame écrit par Jean-Paul Salomé. Une œuvre d’art, tout simplement. Sorti en salle le 14 janvier 2026, le nouveau film “l’affaire Bojarski” portant sur la fabrication de faux billets attire déjà tous les regards grâce à son approche atypique.

L’oeuvre nous replonge dans le quotidien d’un réfugié Polonais qui tente de se faire une place en France dans le milieu de l’ingénierie. Durant cette période de guerre mondiale, Bojarski espère montrer ses talents d’inventeur afin de servir la France mais comprend rapidement que cela ne sera pas une mince affaire. Réinventant le jeu du chat et de la souris avec le policier Mattei, le duo parvient à nous convaincre rapidement.

Que penser de l’œuvre à première vue ?

Une première scène avec un plan assez remarquable qui nous plonge directement dans l’ambiance. De la tension, des regards figés, des actes de cruauté. On comprend rapidement que l’œuvre ne nous laissera pas le temps de cogiter. Les plans sont efficaces et la colorimétrie sert très bien le film. Une ambiance et un style vintage adaptés à l’époque du biopic. Les costumes et décors eux sont également un plaisir pour les yeux.

Le scénario remplit-il son objectif ?

Un scénario très satisfaisant. Il n’y a pas d’incohérence trop profonde bien que le film puisse paraître un peu long et répétitif sur certains aspects, ce qui peut à peine gêner le visionnage. “L’affaire Bojarski” est assez original car il invite le spectateur à ouvrir son champ de vision et à regarder de l’autre côté du tableau afin de comprendre ce qui peut amener une personne à commettre des délits bien qu’ils ne soient pas justifiés. Cela peut également permettre à la société de réévaluer ses codes moraux.

Le casting est-il aussi validé ?

Sans surprise, les acteurs sont excellents. Jan Bojarski, protagoniste intrépide joué par Reda Kateb nous laisse sans voix du début à la fin, tant son jeu paraît réaliste et touchant. Celui-ci accompagnée de Sara Gireaudau qui est dans le rôle de sa femme Suzanne Bojarski qui, elle aussi parvient à nous séduire malgré mon incertitude initiale sur le choix de l’actrice. Je tiens également à mettre un point d’honneur sur le jeu de Bastien Bouillon incarnant son rôle avec brio. Vous l’avez compris, nous sommes sur un casting pratiquement irréprochable.

Quel est l’objectif et l’impact de ce thriller ?

Un long-métrage passionnant retraçant une histoire oubliée qui mène à réfléchir sur des enjeux sociaux et politiques. Un protagoniste déchaîné en quête de reconnaissance, que le monde qualifie de délinquant mais qui cherche simplement à prouver sa valeur bien qu’il ne soit pas français.

Mon point de vue global ?

Cette production m’a réellement touchée tant elle est efficace émotionnellement comme moralement. Un thriller qui a du sens et apporte une réelle valeur ajoutée au cinéma français. Il nous amène à découvrir autrement et à élargir nos perspectives.

Recommandations – ⭐⭐⭐⭐

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